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Tambacounda : des élus plaident pour l’application de la mesure de performance publique à leurs collectivités

    Tambacounda, 18 oct (APS) - Plusieurs élus locaux ont plaidé, jeudi 18 octobre 2012, pour l’application dans la région de Tambacounda, de l’outil de mesure de performance publique des collectivités locales que le Programme d’appui à la décentralisation et au développement local (PRODDEL) avait testé dans les régions de Fatick et Kaolack, pour améliorer l’efficacité dans les prestations de service public des collectivités.
    "Il y a eu un plaidoyer fort des élus et autorités pour une extension de l’intervention du PRODDEL dans la région de Tambacounda", a conclu Biram Ndao, conseiller technique de ce projet, au terme d’un atelier d’information et de partage sur la mesure de performance publique des collectivités locales.

    Plusieurs dizaines d’élus et de représentants de collectivités ont pris part à cet atelier d’information sur cet outil d’évaluation de performance. M. Ndao a promis de "faire remonter" cette demande "à qui de droit", après avoir indiqué auparavant ne pas pouvoir répondre à la question d’un participant qui voudrait savoir si cet outil sera étendu aux autres collectivités. Pour lui, cette question est d’ordre ‘’stratégique’’.

    "Les discussions ont montré que tous les acteurs présents ici sont convenus de la pertinence de l’outil’’, a toutefois fait constater M. Ndao. "C’est un outil qui permettra à un président (de collectivité) de jauger le travail qu’il est en train de faire, pour voir si c’est bon ou mauvais’’, a noté Ibrahima Sakhanokho, président de la communauté rurale de Koussanar.
    Il a ajouté que par le passé, sa collectivité avait reçu une équipe de l’Agence régionale de développement (ARD) pour ce genre d’exercice, mais n’a pas reçu les résultats qui lui permettraient de savoir ses points forts et faibles.

    Après plusieurs décennies de mise en œuvre de la décentralisation, les collectivités locales éprouvent encore des difficultés à remplir leur mission de service public, a-t-il expliqué. Elles souffrent d’une insuffisance de ressources financières, d’une faiblesse des capacités techniques et managériales et d’un déficit de communication avec les populations et les organisations de la société civile.

    En outre, face à la crise économique et financière, les partenaires au développement, les populations et les organisations de la société civile exigent de plus en plus des Etats, une gestion efficace et transparente des ressources publiques, a-t-il fait remarquer.

    Une première proposition de mesure de performance a été élaborée en 2007 par des acteurs du PNDL, de la DCL, de l’ARD, les élus locaux et les autorités administratives et services techniques, au terme de deux ateliers régionaux à Fatick et Kaolack. Un test grandeur nature a été mis en œuvre l’année suivante au cours des mois de mars, avril et mai dans ces deux régions.

    Les ateliers régionaux de restitution organisés par la suite, ont montré que les résultats étaient "probants’’, a indiqué Biram Ndao. C’est ainsi qu’à l’issue d’un atelier national de partage et de validation à Dakar, il a été jugé utile de vulgariser ces résultats.

    L’analyse des résultats a montré que la région de Fatick où la mesure de performance avait été expérimentée sur 35 collectivités locales issues du découpage de 2008, dont 28 communautés rurales et sept communes, était "passée d’une performance moyenne à assez bonne en 2007 à une performance assez bonne en 2010’’, a noté Biram Ndao.

    La région de Fatick avait obtenu une moyenne de 64,5, correspondant à la note globale ‘’Assez bon’’. Les résultats de la région se présentent comme suit : aucune collectivité de très bonne performance (85 à 100 points), il y a 11 collectivités de bonne performance (70 à 84 points), dont une commune, soit 31% du groupe cible. Parmi elles, figurent Niakhar (79 points), Mbellacadiao (76 points) et la commune de Dioffior (80 points).
    Quatorze ont eu une performance assez bonne (60 à 69 points), dont trois communes, soit 40% du groupe cible. Six collectivités locales, soit 17% du groupe cible ont une performance moyenne (50-59 points) et quatre, dont deux communes, sont de faible performance. Soit 12% du groupe cible.

    Pour M. Ndao, la mesure de performance est un "puissant outil d’aide à la prise de décision, en matière de pilotage et de renforcement des capacités’’. Elle permet d’ "identifier les insuffisances et faiblesses de la gouvernance locale, mais aussi les dysfonctionnements dans la mise en œuvre de la décentralisation’’. Elle a aussi cet avantage qu’elle "instaure une saine émulation entre collectivités locales’’.
    Les collectivités ayant fait de bonnes performances ont été primées à hauteur de 10 à 15 millions. Le tout pour un montant de 60 millions de francs, a indiqué le conseiller technique du PRODDEL.

    La mesure de performance publique (MPP) vise à améliorer l’efficacité du service public des collectivités locales dans leurs domaines de compétences. Cela, à travers l’application des principes de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires locales, le renforcement de leurs capacités d’investissement, de financement et managériales pour améliorer les conditions de développement.
    Elle cherche aussi à amener les collectivités à disposer d’ "outils de pilotage adaptés’’, tels que les Plans locaux de développement (PLD), les PRDI, les PIC, entre autres documents de planification.

    Pour ce faire, un barème est établi et des points affectés à chacun des cinq domaines retenus, lesquels sont déclinés en indicateurs. Il s’agit de la bonne gouvernance (50 points), des finances (20 points), de la planification (15 points), du partenariat (10 points) et des relations entre la collectivité et l’administration (5 points). Soit un total de 100 points.

    "On est très preneur d’une harmonisation et d’une amélioration de l’outil’’ de mesure de performance, dans le cadre d’une concertation , a-t-il indiqué, en réponse à la suggestion du chef d’antenne de l’ARD à Bakel de voir le PRODDEL travailler dans ce sens avec le Groupe de recherche et de réalisation pour le développement (GRDR).
    Cette structure avait testé, en 2011 dans six collectivités de la région de Tambacounda un outil similaire avec plus de 60 indicateurs, là où l’outil du PRODDEL en compte une trentaine.

    La coopération allemande qui a choisi la décentralisation comme axe prioritaire met en œuvre depuis le 1er janvier 2011, la deuxième phase du PRODDEL (PRODDEL II), conjointement avec le gouvernement du Sénégal.

    Les résultats probants de 2008 ayant été confortés par ceux de 2011. Le Programme national de développement local (PNDL) avait recommandé la généralisation de l’application de cet outil aux autres collectivités locales du pays. La série d’ateliers régionaux de partage entamée, s’inscrit dans cette perspective.

    ADI/OID (source : http://www.aps.sn/articles.php?id_a...)

    PRODDEL, un programme du Ministère de la Gouvernance Locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire en coopération avec KFW et GIZ

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